Ce que la Constitution de la Ve République lui permet de faire.
1. Il choisit le Premier ministre (art. 8)
C'est lui qui le nomme, et il accepte sa démission quand celui-ci s'en va.
2. Il peut lancer un référendum (art. 11)
Demander directement aux citoyens de voter sur une loi : organisation des pouvoirs publics, réformes économiques, sociales ou environnementales, ou ratification d'un traité.
3. Il peut dissoudre l'Assemblée nationale (art. 12)
En gros, renvoyer tous les députés et provoquer de nouvelles élections législatives. Impossible de le refaire dans l'année qui suit.
4. Il a un « bouton d'urgence » (art. 16)
Si la France est en danger grave (guerre, institutions menacées), il peut concentrer tous les pouvoirs temporairement, sous surveillance du Conseil constitutionnel.
5. Il peut s'adresser au Parlement (art. 18)
Par message écrit, ou en personne devant le Congrès à Versailles (députés et sénateurs réunis), depuis 2008.
7. Il nomme les ministres (art. 8)
Sur proposition du Premier ministre.
8. Il préside le Conseil des ministres (art. 9)
Chaque semaine, et il signe les ordonnances et décrets qui y sont adoptés (art. 13).
9. Il nomme aux grands postes de l'État (art. 13)
Préfets, ambassadeurs, recteurs, patrons d'entreprises publiques… Depuis 2008, pour certains postes, les commissions du Parlement donnent leur avis.
10. Il promulgue les lois (art. 10)
Il a 15 jours pour signer une loi votée par le Parlement et la rendre officielle. Il peut aussi demander au Parlement de la réexaminer.
11. Il a le droit de grâce (art. 17)
Il peut réduire ou annuler la peine d'une personne condamnée, au cas par cas.
12. Il peut convoquer le Parlement en session extraordinaire (art. 30)
En dehors des périodes normales de session.
13. Il peut lancer une révision de la Constitution (art. 89)
Soit par vote du Congrès, soit par référendum.
14. Il est le chef des armées (art. 15)
Il préside les conseils de défense, et lui seul peut décider d'utiliser l'arme nucléaire.
15. Il négocie et ratifie les traités (art. 52)
Et il doit être informé de toute négociation internationale en cours.
16. Il accrédite les ambassadeurs (art. 14)
Les ambassadeurs français à l'étranger, et les ambassadeurs étrangers en France.
17. Il représente la France dans le monde
Sommets de l'Union européenne, G7, ONU, etc.
18. Il est le garant de l'indépendance de la justice (art. 64)
Avec l'aide du Conseil supérieur de la magistrature.
19. Il est l'« arbitre » (art. 5)
Il veille à ce que la Constitution soit respectée, que les institutions fonctionnent correctement, et que l'indépendance et le territoire de la France soient protégés.
20. Il est élu pour 5 ans
Au suffrage universel direct (le quinquennat, depuis 2000), et il ne peut pas faire plus de 2 mandats d'affilée (depuis 2008).
21. Il est protégé pendant son mandat (art. 67 et 68)
On ne peut pas le poursuivre en justice tant qu'il est en fonction (inviolabilité), et il n'est pas responsable des actes liés à sa fonction (irresponsabilité). Seule exception : le Parlement peut le destituer en se réunissant en Haute Cour, si son comportement est manifestement incompatible avec sa fonction.
22. Ses pouvoirs réels dépendent de la politique
Si le président et la majorité à l'Assemblée sont du même bord, c'est lui qui dirige vraiment le pays. En cohabitation (président et majorité opposés), c'est le Premier ministre qui gère la politique intérieure ; le président se replie sur la défense et la diplomatie, ce qu'on appelle son « domaine réservé » — une expression courante mais qui n'existe nulle part dans la Constitution.